Merci ! Les mots me manquent ... Et surprise, des larmes à la place ... Les mots me manquent ... pour dire comme tes mots me touchent et me ramènent en Inde, ces tout petits 10 jours passés en Inde il y a 10 ans, qui ont ouvert en moi une brèche, un chemin ineffaçable, un univers..
Je lis votre soirée, cette poésie de la nuit et de la rue. Et je me souviens soudain que j'ai toujours rêvé de faire ce que vous faites en ce moment... ça doit être ça les larmes ... Mais ... ce n'est peut-être pas trop tard ...
Nouvelles d'ici, d'un monde à l'autre, le même ? J'ai passé hier la soirée à la friche RVI, avenue Lacassagne, avec les marcheurs-travailleurs "sans-papiers", partis de Paris le 1er mai, direction de Nice pour le sommet des chefs d'Etats africains. D'abord passé devant deux fois avant d'être sûre que c'était bien le lieu .. Mise en erreur par les premières personnes auprès de qui je me renseigne. Presque apeurés par ma question. Eux ils ne font que venir récupérer leur voiture sur ce parking sauvage. Qu'est-ce que ça pourrait être d'autre cet espace vague, envahi d'herbes folles et de caravanes louches, sous la surveillance en arrière-fond d'une grosse masse rouillée, je-ne-sais-quoi désaffecté, sans nom. Pourtant les fils électriques qui sinuent le terrain et l'arrivée d'eau piratée m'indiquent que je suis au bon endroit. Mais l'applomb de ces gens bien propres me met brièvement dans le doute. Petit tour de velo'v suppléentaire jusqu'à la priochaine borne. Vérification des numéros. Je suis sûre que c'était là ! J'y retourne. Traverse le terrain vague-parking. Au fond,une grille. Derrière dans l'obscurité, je perçois des mouvements, je décèle des présences, une petite loupiotte. Dans le noir, ma voix : "On entre par où ?" Des rires me répondent : "Par la porte !" Je commence à voir à qui je parle .... Je découvre un autre univers ... "La projection c'est à droite, le repas se termine à gauche. Dommage, t'as raté le débat." "Où est-ce que je peux déposer ce que j'ai apporté pour les marcheurs ?" On me guide, j'avance dans un grand hangar sombre peuplé de fauteuils. Au réfectoire, un marcheur me sert une énorme assiette de riz au poulet délicieux. Je dépose mes offrandes sur la table (abricots secs, gâteaux, chocolat). Belle ambiance. Détente, déambulations tranquilles. Beaucoup de rire !! Des langues inconnues. Beauté. Rires, rires, musique, dans cet endroit étrange et magique. Poésie de la vieille tôle et du tag à la peau mêlés. Beau moment irréel. Là aussi, une nuit que n'éclaire que le projecteur du film de voyage (2 jeunes cinéastes accompagnent la marche et la chroniquent). Obscurité ponctuée, illuminée de rires et de mains tendues pour aider à trouver son chemin parmi le labyrinthe hospitalier de vieux caddies, poutrelles, oeuvres énigmatiques, fauteuils disparates et profonds venus finir ici leur vie ... Comme un voyage sous la mer avec de grands africains très noirs, très beaux et très prévenants (oui, c'est un cliché, mais c'est comme ça) comme guides, dans les entrailles de ce navire échoué, enfoui aux confins parallèles de la ville ... Autre dimension ...
Merci !
RépondreSupprimerLes mots me manquent ...
Et surprise, des larmes à la place ...
Les mots me manquent ... pour dire comme tes mots me touchent et me ramènent en Inde,
ces tout petits 10 jours passés en Inde il y a 10 ans, qui ont ouvert en moi une brèche, un chemin ineffaçable, un univers..
Je lis votre soirée, cette poésie de la nuit et de la rue.
Et je me souviens soudain que j'ai toujours rêvé de faire ce que vous faites en ce moment... ça doit être ça les larmes ...
Mais ... ce n'est peut-être pas trop tard ...
Nouvelles d'ici, d'un monde à l'autre, le même ?
J'ai passé hier la soirée à la friche RVI, avenue Lacassagne, avec les marcheurs-travailleurs "sans-papiers", partis de Paris le 1er mai, direction de Nice pour le sommet des chefs d'Etats africains.
D'abord passé devant deux fois avant d'être sûre que c'était bien le lieu ..
Mise en erreur par les premières personnes auprès de qui je me renseigne. Presque apeurés par ma question. Eux ils ne font que venir récupérer leur voiture sur ce parking sauvage. Qu'est-ce que ça pourrait être d'autre cet espace vague, envahi d'herbes folles et de caravanes louches, sous la surveillance en arrière-fond d'une grosse masse rouillée, je-ne-sais-quoi désaffecté, sans nom.
Pourtant les fils électriques qui sinuent le terrain et l'arrivée d'eau piratée m'indiquent que je suis au bon endroit.
Mais l'applomb de ces gens bien propres me met brièvement dans le doute.
Petit tour de velo'v suppléentaire jusqu'à la priochaine borne. Vérification des numéros. Je suis sûre que c'était là ! J'y retourne. Traverse le terrain vague-parking. Au fond,une grille. Derrière dans l'obscurité, je perçois des mouvements, je décèle des présences, une petite loupiotte. Dans le noir, ma voix : "On entre par où ?"
Des rires me répondent : "Par la porte !"
Je commence à voir à qui je parle ....
Je découvre un autre univers ...
"La projection c'est à droite, le repas se termine à gauche. Dommage, t'as raté le débat."
"Où est-ce que je peux déposer ce que j'ai apporté pour les marcheurs ?"
On me guide, j'avance dans un grand hangar sombre peuplé de fauteuils.
Au réfectoire, un marcheur me sert une énorme assiette de riz au poulet délicieux. Je dépose mes offrandes sur la table (abricots secs, gâteaux, chocolat).
Belle ambiance. Détente, déambulations tranquilles. Beaucoup de rire !! Des langues inconnues. Beauté. Rires, rires, musique, dans cet endroit étrange et magique. Poésie de la vieille tôle et du tag à la peau mêlés. Beau moment irréel. Là aussi, une nuit que n'éclaire que le projecteur du film de voyage (2 jeunes cinéastes accompagnent la marche et la chroniquent). Obscurité ponctuée, illuminée de rires et de mains tendues pour aider à trouver son chemin parmi le labyrinthe hospitalier de vieux caddies, poutrelles, oeuvres énigmatiques, fauteuils disparates et profonds venus finir ici leur vie ... Comme un voyage sous la mer avec de grands africains très noirs, très beaux et très prévenants (oui, c'est un cliché, mais c'est comme ça) comme guides, dans les entrailles de ce navire échoué, enfoui aux confins parallèles de la ville ... Autre dimension ...