Nous sommes le 13 mai au soir. Dehors quelques chiens errants aboient, des népalais discutent et un avion passe. J'ai le sentiment d'être parti il y a plusieurs semaines, pourtant nous avons entamé le voyage il y a deux jours à peine. Commençons par là.
Mardi 11 mai, 7h30, le réveil sonne. Nous allons prendre l'avion à 11h, il faut y aller. Nous partons avec seulement 10 minutes de retard, sans oublier de faire une bise à Caroline, qui ronfle confortablement. Ballade sous la pluie, métro, RER... Je suis à coté de la fenêtre d'un wagon, nous passons dans une gare, celle du stade de France, quand des cris retentissent, je vois des gens courir puis entends le son strident des freins RER qui stoppe. Nous comprenons qu'un accident est arrivé, mais nous sommes bloqués et ne pouvons rien faire. Une annonce: un homme s'est jeté sur les rails. Stupéfaction, sanglots, énervements et rires... Quelqu'un ouvre une porte, nous nous approchons et Amandine décide de descendre pour aller voir si elle peut être utile. Elle arrive trop tard, mais assez vite pour assister à la scène, prendre le pouls et se tâcher les mains de sang. Nous n'envisagions pas de débuter ainsi notre voyage... Dans le wagon, rien ne se passe, les gens commencent à s'impatienter, quelques uns sont sous le choc, beaucoup craignent de manquer leur épreuve de BTS, certains s'en réjouissent. Je rencontre Rémi, qui doit prendre le même avion que nous. Nous regardons la montre, arrivera-t-on à l'heure? Que devient Amandine? Nous commençons à descendre, c'est interminable. Finalement, une heure et demi plus tard, nous sortons, je retrouve Amandine, nous prenons un RER sur l'autre voie, nous courrons, nous nous enregistrons, nous courrons, nous téléphonons une dernière fois à notre famille, nous embarquons, nous décollons. Pour 6 mois.
Notre première destination: Bahrain avec Gulf Air. Une pensée pour mon Bilan Carbone, avant de regarder Avatar en 2D sur un écran 10x12 centimètres. Puis un film qui a l'air bien mais l'avion atterrit déjà. Déjà? 6h de vols ont disparus. Il reste 6 mois. Arrivé à Bahrain, des tours invraisemblables nous narguent à travers les hublots, nous intégrons l'espace dutyfree pour 12 heures d'attentes avant notre vol pour Katmandou. Tout est brillant, il y a des marionnettes comme à Disney, des voitures à prix réduits, un mac do, un Starbuck et un fastfood local. On va manger dans le fastfood local car nous, on va pas à mac do, on est des vrais. Mais des vrais quoi? On traine dans l'espace de vente, on rencontre Seb, un globe trotteur avec une belle gueule, je l'aime pas celui là. Je pars chercher du Wifi, pendant ce temps là, Amandine se fait embêter par des vieux bonhommes. Du coup, elle me dit que le seul moyen pour qu'elle soit tranquille, c'est qu'elle porte une bague de fiançailles. Je lui dit que c'est bien essayé, elle rigole, moi aussi, on change de sujet. Seb nous rejoint (damned, blond aux cheveux longs, sans calvitie naissante, je le maudis). Amandine s'endort, je passe la nuit à garder les affaires et à pianoter sur l'ordi, l'occasion d'annoncer aux proches que tout va bien. Le matin se lève, je réveille Amandine, on embarque pour le second vol. Je me rends compte que je suis grand. Je m'aperçois aussi que les népalais adorent les casquettes. C'est amusant. La collation de l'avion arrive, oua! C'est sûr, on est passé en Asie, les épices nous ont rattrapé. On atterrit en évitant soigneusement les montagnes, on voit des rizières, c'est beau! Aucun immeuble ne dépasse 3 à 4 étages à Kathmandu, beaucoup de terrasses, dont des végétalisées, pensées aux camarades de Tekhnê. On descend de l'avion, il fait chaud, on fait nos visas en se retenant de dire merci. En effet, au Népal, le merci n'existe pas. C'est très frustrant pour nous. Comment manifester notre gratitude? Nous adoptons le Namaste traditionnel (un "salut" passe partout pendant lequel on joint nos mains et qui signifie "Que l'ensemble de vos qualités soient bénies et protégées des dieux"). On reste 6 semaines, c'est 100 euros, gloups, on dit alors qu'on reste 4 semaines plus 15 jours, alors c'est 40 euros. Eh eh eh. On récupère nos bagages, les népalais en ont tous d'énormes, dont pas mal de hifi apparemment, bizarre... La police veille au grain et filtre les passagers, mais pas nous, comment ont ils su que nous n'étions pas népalais? Mystère. On change notre monnaie, on sort de l'aéroport, un taxi nous attend (merci Amandine), on nous arnaque 50 roupies, environ 50 centimes d'euros, on pénètre enfin la ville sacrée... Des odeurs, des bruits, des couleurs, faut il préciser que nous sommes dépaysés?
On arrive à l'hôtel, c'est beau! On s'installe, on part faire trois courses, de la musique dans la rue... Mais c'est Björk que j'entends! Improbable, mais vrai, je suis ravi, Amandine reste polie. Difficile d'accepter sa condition de touriste, mais on peut difficilement passer à travers. On achète de l'eau, 10 centimes, est ce le bon prix? Nous l'ignorons encore. Nous rentrons, dinons, c'est beau, c'es bon! Dodo, puis premier réveil à Kathmandu. Premier? Mince, j'ai la sensation d'être là depuis des jours!
On part en ballade, direction le temple Sawayambhunath. J'emmène Amandine par des petites ruelles déserte (en tant qu'urbaniste, j'estime que je dois la guider, et j'y parviens! Sylvain, si tu me lis...). On croise des temples, l'air est vicié, saturés d'odeurs non identifiables, parfois grisantes, parfois moins... C'est beau! Nous arrivons au temple, c'est haut, il fait chaud mais c'est beau! On fait le tour du temple dans le sens des aiguilles d'une montre, c'est ainsi, on observe, on photographie, on a soif. On s'en va, on traverse des zones vides de touristes (peu présents du reste). Ah, oui, les népalais, ça crache, de préférence en se raclant la gorge avant. On s'habitue. C'est l'heure de la sortie des écoles, tous en uniformes, dès le plus jeune âge. Hello! What is your Name? Nous entendons cela des dizaines de fois, les enfants, c'est craquant. On traverse des ruelles étroites avant de se retrouver, soudain, dans le quartier touristique, Dubar Square, inscrit au patrimoine mondial de l'humanité par l'unesco, et il y a de quoi. C'est splendide. On prend un verre sur une terrasse. On ne négocie toujours pas nos prix, mais c'est si peu cher! Difficile de se dire que les prix peuvent réduire encore. 1000 euros équivaut à deux fois le salaire moyen pendant 8 ans... C'est ce que avons à dépenser en un mois. On va manger un bout, on rentre à l'hôtel. Une journée de passée? Impensable. Il reste 6 mois.
A retenir, les népalais sont d'une gentillesse infinie et d'une politesse incroyable, on ne nous aborde presque pas dans les rues, ça en est même étonnant. Demain, on continue la visite, et on vous tient au courant.
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Bjork inimaginable ! :-) Si ma mémoire est bonne je crois que 1 euros = 60 ou 65 roupies...? je sais plus...profitez en bien et mangez pas trop épicé ça fait de sacrés dégâts au ventre ! :-( Plein de bises et bon très bon voyage
RépondreSupprimer"les enfants c craquant"lol...
RépondreSupprimerprofité de ttes ces découvertes et merci de ns les faire partagé...
gros bisous a ts lé 2 et profité de chaque instant :6 mois? on est jamais sur de rien...
Mais de qui vient ce commentaire anonyme??
RépondreSupprimerToujours aussi agréable de te lire...
RépondreSupprimerEt très zen et dépaysant !
Bon ici il se fait tard et chez vous il se fait tôt..
Bon voyage, belle aventure !
Florian
Quel bonheur !
RépondreSupprimerCertes de te lire mais plus encore de te voir vivre ainsi ton rêve d'Asie, ton rêve de vie.
Quel bonheur pour un papa de voir grandir chez son enfant ce qui est en train de devenir le grand sens de son existence.
Je sais trop combien les combats de la vie t'ont forgé pour aujourd'hui m'inquiéter. Au contraire je sauras, là où tu es, transformer tes peines passées en amour et tes blessures en générosité.
Je ne veux pas oublier notre Mandine dont je vois d'ici les grands yeux briller devant ce monde nouveau où la pauvreté côtoie la paix. Comme je vous envie déjà...nous qui vivons ici entre conflits de richesse et conflits de pouvoir !
Profitez de la lenteur du temps, profitez des parfums, profitez de la beauté des paysages, profitez du sourire des enfants, profitez de la vie.
Je vous aime
Papa
Merci pour ce partage d'une partie de votre aventure ! A Lambesc aujourd'hui, nous avons été acheter du fromage de chèvre à la nouvelle chèvrerie inaugurée ce jour, on sentait bon la chèvre.... lorsque l'on est allé Jacques et moi boire un chocolat chaud (il fait froid !!!) et une crèpe. Je vous embrasse fort et vous souhaite de bien profiter de tout ! Bisous Isabelle
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