jeudi 10 juin 2010

Journée du trajet Pokhara-Lumbini

Levé à 5 heure du matin. Il est temps de quitter la Pokhara balnéaire pour rejoindre le désert de Lumbini (mais ça, nous l'ignorons encore), lieu de naissance de Boudha. Nos yeux sont tous collants, les muscles endoloris (par quel sport effectué la veille? Mystère). Pourtant, il nous faut être réactif, le car que nous devons prendre est annoncé à 7h, nous sommes à 10 minutes en taxi, mais les horaires des transports locaux sont assez aléatoires. On attrape les affaires, fourrent les sacs à dos, prenons un peu d'eau: le réceptionniste du Butterfly: Lumbini, it's hot! And take care, there is a lot of indian people, they'll cheat you. Nous voilà prévenu (et voilà surtout une preuve supplémentaire de la «méfiance » généralisée de beaucoup de népalais à l'égard des indiens). Bon, c'est parti. Allons nous trouver un taxi? Deux stationnent devant l'hôtel, ces gars là savent anticiper les attentes des voyageurs. 1€ le trajet, c'est maintenant le prix que nous retenons pour n'importe quel déplacement en taxi. Le vélo'v n'a qu'à bien se tenir... Le chauffeur pose mon sac sur son toit, Amandine me fait ses yeux de « on est sur le point de se faire arnaquer et voler nos affaires et violés et tués oh mon dieu oh mon dieu » (nos guides de poches nous invitent à ne jamais laisser nos sacs sur les toits). Mais non, t'inquiète pas Amandine, ça ne risque rien à cette heure là, d'ailleurs, you can fix the bag? Tu vois Amandine, il dit yes (mais il n'en fait rien. Je garderai la main sur le sac, le bras par la fenêtre, histoire de...). Nous connaissons la route, c'est à droite, puis encore à droite et tout droit sur 3 kilomètres environ. Le taxi démarre, prend à gauche. Sueurs froides, mais que fabrique-t-il? Je prend mon air rassuré, t'inquiète pas Amandine, il connait son chemin. Nous lui indiquons tout de même sur notre carte , par acquis de conscience, la gare de bus qui nous intéresse parmi les quatre de la ville. Il acquiesce, nous sommes rassurés, puis répétons la manœuvre plusieurs fois, au cas ou. Finalement, l'itinéraire bis nous mène à bon port.

Nous sortons de la voiture, payons, plusieurs bonshommes se rapprochent de nous, criant le noms de plusieurs destinations. Bhaïrawa, c'est ça! Le car est juste là, nous nous installons (no, thanks, not on the roof, we keep our bag, thank you). Il prend la route, il est 6h20, nous avions bien fait de prendre un peu de marge avec l'horaire annoncé... C'est parti pour 8 heures de bus. Le notre est assez grand, c'est notre meilleure assurance vie sur la route (voire le post « Les bus locaux, c'est mieux que Space Mountain »). Pour la première fois que nous observons l'horizon à Pokhara, le ciel est dégagé, nous voyons ce qui fait sa renommée, la chaîne des Annapurnas qui culmine à XXX mètres. Nous tournons le dos à ce paysage spectaculaire, Lumbini, nous voilà!

Enfin pas tout de suite, d'abord le trajet. C'est long. Il y a de belles vues. C'est long. J'ai mal au dos. C'est long. Tient, je ne sens plus mon pied droit. C'est long. Ça va Amandine? C'est long. Oui, je sais. Nous sommes déjà à Tansen! On est presque arrivés! Regardons la carte, ah, la moitié du chemin. C'est long. Et puis, alors que nous n'y croyions plus, voilà qu'on nous invite à descendre. Notre bus pour Lumbini se trouve au milieu de l'amas de véhicules de l'autre coté de la route. Allons-y! Un rabatteur nous attrape et nous crie Lumbini?! We said yes. De toutes façons, ils savent toujours où on veut aller. No, thanks, not on the roof, we keep our bag, thank you. Quelques sièges sont libres. On se case vers le fond, nos gros sacs sur les genoux. Deux jeunes grimpent dans le bus, dont un s'assoie à coté de moi alors que je suis tout coincé par mon sac et qu'il y a de la place ailleurs. Il observe régulièrement mes poches. Je reste vigilant (paranoïaque en fait) et surveille les mains surentrainées au détroussage de touristes innocents. Ce gamin est probablement indien? Et donc un voleur? Le racisme ambiant me contamine. Il ne m'arrive pourtant rien (mon ancien moi aurait dit, mais que voulais-tu qu'il arrive?, mon nouveau moi raciste se dit ah ah, il m'a pas eu ce sale voleur indien!, gloups).

1 heure et demi de plat, pas de montagnes en vue, ça ne nous était pas arrivé depuis notre atterrissage. Nous voilà arrivé à Lumbini. Une rue deserte sortie d'un western nous aspire. On prend nos marque dans la chambre. Il fait chaud, très chaud. Allons manger au frais, je passe la commande au jeune qui nous a accueilli et nous nous installons sur une terrasse. Il fait encore plus chaud. Nous sommes brillants de sueur. Nos membres sont lourds. Je sens mon cœur battre en ce demandant l'intérêt de venir passer quelques jours dans un four. Je cherche un matériau rafraichissant mais point de salue pour l'âme en peine. Le bois de la table, le plastique de la chaise, le béton du mur, le métal de la barrière, la brique du sol, tout est chaud, tout irradie, c'est infernal. Nous commandons deux bouteilles d'eau fraîche, elles seront tièdes, mais la voie de la délivrance est à ce prix. L'ambiance mystique qui se dégage du lieu fait des ravages dans mon cerveau. Nous ingurgitons nos plats, chauds. Torpeur. Cette journée à rester assis a été exténuante, nous allons dormir. Nous allonger plus exactement, le corps refuse de s'assoupir dans un enfer pareil. Dehors, des éclairs de chaleurs flashent le ciel et le vent se lève, chaud. Amandine tente de s'endormir, je vais sur le toit observer quelques minutes les lumières qui surgissent des nuages et profiter des rafales qui, au contact de ma sueur, crée une sensation de froid, factice malheureusement. La nuit tombe, il est temps d'aller mettre un terme à cette journée.

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