samedi 26 juin 2010

La jungle, c'est mouillé

Nous quittons Kuala Lumpur pour rejoindre le parc naturel de Tama Negara. Voyage confortable au sein d'un bus surclimatisé, nous traversons successivement des forêts sauvages et des exploitations de palmiers gigantesques (mesdemoiselles, j'espère que votre peau douce apprécie). Nous atteignons notre première destination un peu moins de trois heures plus tard, une ville moyenne (c'est à dire avec seulement des KFC) où nous trouverons un bus à destination de Kuala Tahan, le village de la jungle. Nous profitons de la pause pour manger un « Benjo » (burger aux oeufs) en l'honneur de notre coloc préféré. Nous rencontrons alors Anna, qui passera les trois jours suivants avec nous. Nous lui annonçons, pas peu fiers (comme à chaque fois), que nous voyageons pendant 6 mois. Elle nous dit que c'est super, qu'elle n'est là que pour 11 semaines, mais que ça lui paraît tout de même court par rapport aux 14 années qu'elle a passé à voyager. Nous nous rendons compte au fur et à mesure que parmi les voyageurs au long cour (plus nombreux que ce que l'on croit), 6 mois, c'est court.
C'est l'heure de prendre notre bus, mêmes paysages que plus tôt, et nous arrivons à Kuala Tahan. Nous recherchons notre yellow guest house bien cachée au bout d'un chemin sinueux. Nous aurons le dortoir à 2,5 euros par personne par nuit, free wifi et clim à 12 degrés. . Tous les restaurants flottent sur la rivière brune, nous mangerons tout en tanguant, il faudra s'y habituer. L'ensemble des villageois vivent du tourisme et sont plutôt malins. Il y a trois berges différentes (à cause d'un bras de rivière) et, par exemple, l'office du tourisme et le lieu d'achats des permis du parc ne sont pas du même coté. Du coup, nous sommes contraints de faire des allers-retours toute la journée en bateau, et c'est à chaque fois un sou chacun. C'est cette astuce qui nous coutera le plus cher.
Nous fixons notre programme du lendemain: ce sera une journée de marche dans la jungle. Nous remontons la rivière en pirogue pendant trois quart d'heures. La forêt a l'air dense, après tout il s'agit de la plus ancienne rainforest préservée. Nous abordons près de bungalows abandonnés que la jungle commence à recouvrir. Il fait chaud mais c'est surtout l'humidité qui nous assaille. Nous sommes sur Tatouine, sur l'île de Lost (la grande), et allons jouer à Indiana Jones toute la journée. Le sentier que nous suivons est parfois à peine tracé et presque jamais balisé lorsque nous en avons besoin. La forêt est vivante. En plus des cris des oiseaux, du bruissement de la rivière et des crissements de nos pas, une foultitude de sons inconnus nous submergent. Nous en identifions certains (chutes de fruits divers, déplacements d'animaux,...) mais la plupart resteront teintés de mystères. Nous progressons assez rapidement, jusqu'à ce qu'un panneau nous indique qu'après 30 minutes de marche, nous n'avons parcouru qu'un kilomètre. Nous nous poserons la question à plusieurs reprises le long du chemin: marche-t-on particulièrement lentement où les distances sont elles indiquées en kilomiles?? Dans tous les cas, nous devons avancer. Nous croisons papillons multicolores, colonies de fourmis (et fourmis géantes), arbres immenses, fleurs et insectes en tout genre. Aucun gros animal, il y a pourtant des tigres dans le coin. C'est après environ deux heures de marche que nous surprenons une grosse bestiole qui, en s'enfuyant, remue une bonne partie de la flore, avant de ne plus faire aucun bruit. Nous nous demandons quelle bête énorme peut devenir furtive en une seconde. Notre choix est fait, nous avons croisé un tigre (surnommé à Kuala Tahan le fantôme de la forêt). Sans peur et sans reproche, nous serons désormais armés d''un bâton. Il paraît qu'il suffit de leur donner un coup sur le museau pour les calmer, nous verrons bien le moment venu. Du coup, la tension monte d'un cran, et il me sera possible de faire peur à Amandine et Anna plusieurs fois et sans trop d'effort. Nous sommes malgré tout chanceux car aucune sangsue ne s'est encore attaquée à nous. Nous comprenons un plus plus trad que nous n'y couperons pas, quand nous arrivons devant rivière que les panneaux nous invite à traverser. Pourtant, il y a n'y pont, ni chemin de pierres, seulement une corde trempée qui relie les deux extrémités. Ni une ni deux, Anna se met pieds nu, relève son pantalon et commence à traverser. Ce comportement ne me semble pas le plus approprié, je décide donc de traverser en grimpant le long de la corde. Amandine, à qui l'exercice de la corde semble bien périlleux, suit les pas d'Anna. J'accroche mon sac, tend mes muscles et me lance. Les deux premiers mètres se déroulent sans encombres, il en reste à peine 10. Malheureusement, cette corde est élastique et la rivière (d'où les sangsues me guettent) se rapproche dangereusement de mon dos. Je commence à penser que mon idée n'était pas la meilleure, bien qu'elle m'ait permit, pour l'instant, de rester au sec. Amandine vient à coté de moi, inconsciente des risques inconsidérés qu'elle prend en marchant eu milieu des vampires aquatiques. Je capitule et met un pied (chaussé) dans l'eau avant de toucher de l'autre un lambeau de sable qui émerge au milieu de la rivière. Me voilà avec un pied trempé et l'honneur presque sauf. Les filles finissent la traversée tandis que je cherche un moyen de rejoindre la berge sans devoir enlever mes chaussures. J'ai quelques minutes devant moi, le temps qu'A&A décrochent les sangsues de leurs jambes. Je parviens finalement, en un saut approximativement esthétique, à passer de l'autre coté. Il nous arrivera par la suite de croiser des rivières nettement plus petites dotées de ponts, la nature est parfois mal faite.
Nous repartons, guillerets (les tigres ne traversent pas les rivières), avant de nous arrêter manger. Trois fois rien, à vrai dire, notre estomac nous le reprochera. La suite de la marche se déroule sans encombre et au bout de seulement 7 heures de marche, nous avons parcouru nos 14 kilomètres. 2km/h, nous estimerons que c'est un rythme conséquent pour un jungle trek.
Nous sommes trempés (tant par la sueur que par l'humidité ambiante), traversons la rivières (trois sous) et mangeons. C'est pas très bon, mais on a faim. Programme du lendemain, ballade sur la canopée et visite de grottes.
La nuit, l'orage gronde, la pluie tombe. Au matin, le niveau et le débit de la rivière ont doublé, traînant son lot de branches mortes et débris divers. Nous avons bien fait de faire notre sortie bateau hier. Petit déjeuner et départ pour la canopée. Il fait moins chaud qu'hier mais l'humidité a encore augmenté, bien que nous pensions cela impossible. Nos vêtements sont comme si nous avions nagé avec. Pour atteindre la promenade sur la canopée qui durera 10 minutes, nous marchons pendant une heure. L'exercice est amusant mais un peu décevant. Pas grave, nous rebroussons chemin pour manger et partir à l'assaut des grottes. Nous traversons la rivière, deux fois (6 sous), et recommençons à marcher à travers la jungle. Cette fois ci, nous connaissons notre vitesse de croisière, et ne sommes pas surpris de mettre plus d'une heure pour parcourir les 2,6 kilomètres annoncés. Voilà les grottes. Je m'attends à des cavernes gigantesques, il s'agira de spéléologie. Amandine préfère nous attendre et s'apprête à paniquer, au cas ou le niveau de l'eau monte encore. Nous avançons avec Anna tant bien que mal avec les pieds un peu dans l'eau (la pluie nocturne a alimenté le cour d'eau). Au bout d'une trentaine de mètres à ramper nous nous faisons surprendre par quelques chauves-souris. Elles sont en fait des dizaines à dormir paisiblement, ou presque. Nous tentons de prendre quelques photos, en aveugles, puis continuons d'avancer. Le chemin est de plus en plus tortueux, étroit et proche de l'eau. Les pierres sont glissantes à cause des crottes des chauves-souris qui tapissent nos mains (je pense un instant que ça ne doit pas être drôle d'avoir la diarrhée quand on est une chauves-souris). Je connais maintenant l'odeur de la batcave. Pas toujours facile d'être batman. Il nous faudra finalement mettre les pieds dans l'eau pour pourvoir sortir des grottes. En sortant de là nous sommes complètement trempé. La rainforest porte bien son nom. Nous rejoignons Amandine et rentrons. Nous pensions faire trois jours de jungle, deux nous aurons suffit. Demain, sable blanc et cocotiers, nous avons hâte.





3 commentaires:

  1. Coucou les loulous !

    Je ne sais pas trop où vous contacter : je n'ai pas facebook mais j'ai vu via ma boite mail que Manou voulait passer à nancy à votre retour. Seul hic : je serai à Lyon ;-) Donc, viens donc plutôt dans mon futur appart que je n'ai pas encore ! Je me régale de vos posts et attends avec impatience les suivants. Je vous embrasse bien fort.

    Matou

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  2. Eh bien, toi, tu as gagné un cadeau, pour une aussi bonne nouvelle! Une Mathilde à Lyon, on réserve la place à la flamme de l'ours locale!

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  3. C'est génial, j'ai tout lu, je veux y aller ! Je veux au cadeau aussi ! Bisous, Mika

    PS: On a appelé nos nouveaux chats Scampi et Canopée

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